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Droits de succession : barème, abattements et calcul en 2026

A retenir :

  • Le lien de parenté décide de tout : un même héritage peut n’entraîner aucun droit ou être amputé de 60 %, selon que vous êtes conjoint, enfant, frère, neveu ou simple tiers.

  • Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés : ils ne paient aucun droit de succession, quel que soit le montant.

  • Un calcul en trois temps : part nette, puis abattement selon la parenté, puis barème progressif de 5 à 45 % en ligne directe.

  • Des abattements gelés jusqu’en 2028 : 100 000 euros par enfant, 15 932 euros par frère ou sœur, 7 967 euros par neveu, 1 594 euros pour un tiers.

Infographie · Bareme 2026

Succession : qui paie quoi selon le lien de parente

Du conjoint totalement exonere au concubin taxe a 60 %, le montant des droits depend avant tout de votre place dans la famille.

Le defunt transmet
Epoux ou partenaire de PACS0 % · exonere
AbattementExoneration totale BaremeAucun droit a payer, quel que soit le montant
Sur une part de 300 000 €, le conjoint survivant paie 0 € de droits de succession.
Enfant (ligne directe)5 a 45 %
Abattement100 000 € par enfant et par parent BaremeProgressif de 5 % a 45 % sur la part taxable
Sur une part de 250 000 €, apres abattement, un enfant paie environ 28 194 €.
Petit-enfant5 a 45 %
Abattement1 594 € en succession (sauf representation) BaremeMeme bareme progressif que la ligne directe
Par donation, l'abattement grimpe a 31 865 €, bien plus avantageux qu'en succession.
Frere ou soeur35 a 45 %
Abattement15 932 € Bareme35 % jusqu'a 24 430 €, puis 45 % au-dela
Sur une part de 100 000 €, un frere ou une soeur paie environ 35 388 €.
Neveu ou niece55 %
Abattement7 967 € BaremeTaux unique de 55 % sur la part taxable
Sur une part de 50 000 €, un neveu ou une niece paie 23 118 €.
Concubin ou tiers60 %
Abattement1 594 € seulement BaremeTaux unique de 60 %, le plus eleve
Sur une part de 30 000 €, un concubin paie environ 17 044 €. L'assurance-vie est souvent la seule parade.

Donnees 2026, abattements et bareme de l'article 777 du Code general des impots (source service-public.fr). Estimations hors cas particuliers. Ce visuel a une valeur pedagogique et ne remplace pas l'analyse d'un notaire.

Perdre un proche s’accompagne vite de démarches fiscales redoutées, au premier rang desquelles la déclaration de succession. La question que tout le monde se pose est simple : combien l’État va-t-il prélever sur l’héritage ?

La réponse tient à un seul facteur déterminant, le lien de parenté qui vous unit au défunt. Cet article vous explique le calcul complet, les abattements, le barème 2026 et les cas particuliers, avec des exemples chiffrés. Un calculateur vous permet aussi d’estimer directement votre situation.

Qui paie des droits de succession ?

C’est le point de départ, et il change absolument tout. À patrimoine identique, un héritier peut ne rien payer quand un autre est taxé à 60 %. Tout dépend de votre position dans la famille.

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés depuis 2007. Les enfants et parents en ligne directe bénéficient du régime le plus favorable. Les frères et sœurs, puis les neveux, sont plus lourdement taxés. Enfin, un concubin ou une personne sans lien de parenté est traité comme un parfait étranger, avec la fiscalité la plus lourde.

Comment se calculent les droits de succession ?

Le calcul suit toujours la même logique, en trois étapes successives. Comprendre cet enchaînement permet d’anticiper la facture.

1. Déterminer l'actif net taxable

On dresse d’abord l’inventaire du patrimoine du défunt, l’actif brut : biens immobiliers, biens mobiliers, comptes et placements. La résidence principale bénéficie d’un abattement de 20 % si elle est occupée par le conjoint survivant ou des enfants mineurs.

On en soustrait les dettes du défunt au jour du décès (emprunts, impôts dus, frais funéraires dans une certaine limite). Le résultat est l’actif net taxable, partagé ensuite entre les héritiers. La question des dettes est d’ailleurs sensible : notre article décès et dettes, qui paie ? fait le point. Si le défunt avait organisé sa transmission, par exemple en cherchant à déshériter un enfant par testament, la répartition obéit aussi aux règles de la réserve héréditaire.

Un litige lors d'une succession ?

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2. Appliquer l'abattement selon la parenté

Sur la part qui revient à chaque héritier, on applique ensuite un abattement, une somme totalement exonérée dont le montant dépend du lien de parenté. Le tableau ci-dessous récapitule les abattements en vigueur en 2026.

Lien de parentéAbattement 2026
Époux ou partenaire de PACSExonération totale
Enfant, parent (ligne directe)100 000 €
Petit-enfant (succession, sans représentation)1 594 €
Frère ou sœur15 932 €
Neveu ou nièce7 967 €
Autre parent, concubin ou tiers1 594 €
Héritier en situation de handicap+ 159 325 € (cumulable)

L’abattement handicap se cumule avec celui du lien de parenté. Un enfant handicapé peut ainsi additionner 100 000 et 159 325 euros, soit plus de 259 000 euros exonérés. Ces abattements se reconstituent tous les 15 ans, ce qui permet d’organiser des donations régulières de son vivant.

3. Appliquer le barème progressif

La part qui dépasse l’abattement est enfin soumise au barème. Il est progressif par tranches en ligne directe et entre frères et sœurs, mais devient un taux unique pour les héritiers plus éloignés.

Part taxable (ligne directe)Taux
Jusqu’à 8 072 €5 %
De 8 072 à 12 109 €10 %
De 12 109 à 15 932 €15 %
De 15 932 à 552 324 €20 %
De 552 324 à 902 838 €30 %
De 902 838 à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Pour les frères et sœurs, le barème se résume à deux tranches après l’abattement : 35 % jusqu’à 24 430 euros, puis 45 % au-delà. Une exonération totale existe toutefois pour un frère ou une sœur qui vivait avec le défunt depuis plus de 5 ans, était célibataire ou veuf, et avait plus de 50 ans ou une infirmité au jour du décès.

Pour les neveux et nièces et les parents jusqu’au 4e degré, un taux unique de 55 % s’applique. Pour les concubins et tiers, c’est 60 %, le taux le plus élevé.

Exemples de calcul par lien de parenté

Les mêmes chiffres parlent mieux sur des cas concrets. Voici ce que paie chaque héritier sur une part donnée.

HéritierPart reçueDroits à payer
Conjoint ou PACS300 000 €0 € (exonéré)
Enfant250 000 €environ 28 194 €
Frère ou sœur100 000 €environ 35 388 €
Neveu ou nièce50 000 €23 118 €
Concubin30 000 €environ 17 044 €

Estimez vos droits en ligne

Pour estimer votre propre situation sans faire les calculs à la main, utilisez notre calculateur de droits de succession. Vous indiquez votre lien de parenté et le montant de votre part, il applique l’abattement et le barème et vous donne le montant estimé, avec le détail par tranche.

Les cas particuliers à connaître

Le calcul de base ne dit pas tout. Plusieurs éléments modifient sensiblement la facture.

L’assurance-vie échappe le plus souvent aux droits de succession classiques. Les capitaux versés au bénéficiaire pour des primes payées avant les 70 ans de l’assuré bénéficient d’un abattement propre de 152 500 euros par bénéficiaire. C’est un outil de transmission puissant, particulièrement pour avantager un concubin lourdement taxé par ailleurs.

La transmission d’entreprise peut, elle, bénéficier du pacte Dutreil, qui exonère 75 % de la valeur de la société sous conditions de conservation des titres. Un sujet à anticiper, que nous abordons dans notre article sur la cession d’entreprise et le départ en retraite.

L’évaluation des biens immobiliers, enfin, est une source fréquente de litige avec le fisc. Une sous-évaluation expose à un redressement, une surévaluation gonfle inutilement les droits. Nos ressources en droit de l’immobilier vous aident à y voir plus clair.

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FAQ sur les droits de succession

Quel est le délai pour payer les droits de succession ?

Vous disposez de 6 mois à compter du décès pour déposer la déclaration et payer les droits, ou 12 mois si le décès a eu lieu à l’étranger. Passé ce délai, des intérêts de retard de 0,20 % par mois s’appliquent.

Oui. Il est possible de demander un paiement fractionné, étalé sur plusieurs années, ou différé, notamment en cas de nue-propriété. Ce crédit suppose des garanties pour l’État et donne lieu à des intérêts.

En principe, un petit-enfant ne bénéficie pas de l’abattement de 100 000 euros, réservé aux enfants, et n’a droit qu’à 1 594 euros. Il n’en profite qu’en cas de représentation, lorsque son propre parent est décédé ou renonce à la succession.

Oui, énormément. Faute de mariage ou de PACS, le concubin est traité comme un tiers : 60 % de droits après un abattement de seulement 1 594 euros. L’assurance-vie est souvent la seule façon de le protéger efficacement.

Oui, sous conditions strictes et cumulatives. Le frère ou la sœur doit avoir vécu avec le défunt les 5 années précédant le décès, être célibataire, veuf ou divorcé, et avoir plus de 50 ans ou une infirmité l’empêchant de travailler.

Principalement en anticipant : donations tous les 15 ans pour profiter du renouvellement des abattements, souscription d’une assurance-vie, ou pacte Dutreil pour une entreprise. Un notaire ou un avocat fiscaliste peut bâtir une stratégie adaptée.

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