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Fiscalité LMNP 2026 : régimes, amortissement et plus-value

A retenir :

  • Deux régimes au choix : le micro-BIC (abattement forfaitaire, sans charges) ou le réel (déduction des charges réelles et amortissement). Le réel devient vite gagnant dès qu’il y a un crédit ou des travaux.

  • La réforme 2025 : les amortissements déduits sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente, ce qui alourdit nettement l’impôt de sortie au régime réel (sauf résidences de services).

  • Des seuils relevés en 2026 : le micro-BIC passe à 83 600 € pour la location longue durée et les meublés classés ; les meublés de tourisme non classés restent plafonnés à 15 000 € avec 30 % d’abattement.

  • La durée de détention devient décisive : la plus-value relève du régime des particuliers, avec exonération progressive jusqu’à 22 ans (impôt sur le revenu) et 30 ans (prélèvements sociaux).

La fiscalité du LMNP (loueur en meublé non professionnel) repose sur un choix structurant entre deux régimes d’imposition, et elle vient d’être profondément remaniée par la loi de finances 2025. Bien la comprendre, c’est éviter de payer trop d’impôt pendant la location… comme à la revente.

Voici, à jour des règles applicables aux revenus 2025 et 2026, tout ce qu’il faut savoir : régimes, amortissement, plus-value, seuils et pièges à éviter.

Qu’est-ce que le statut LMNP ?

Le statut LMNP s’applique lorsque vous louez un logement meublé sans relever du régime professionnel. Vous êtes considéré comme non professionnel si au moins l’une de ces deux conditions est remplie :

  • les recettes locatives meublées de votre foyer fiscal sont inférieures à 23 000 € par an ;

  • ou ces recettes sont inférieures aux autres revenus d’activité du foyer (salaires, autres BIC, etc.).

Si vous dépassez ces deux seuils simultanément, vous basculez en loueur en meublé professionnel (LMP). Les revenus du LMNP sont imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu, en bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %.

Micro-BIC ou régime réel : les deux régimes d’imposition

C’est le cœur de la fiscalité LMNP. Au micro-BIC, vous déclarez vos recettes brutes et l’administration applique un abattement forfaitaire ; aucune charge réelle n’est déductible. Au régime réel, vous déduisez vos charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, taxe foncière, assurance, honoraires) et l’amortissement du bien et du mobilier — ce qui ramène souvent le résultat imposable proche de zéro.

Les seuils et abattements du micro-BIC dépendent du type de location et de l’année des revenus :

Type de locationSeuil micro-BIC (revenus 2025)Seuil micro-BIC (revenus 2026)Abattement
Location meublée longue durée77 700 €83 600 €50 %
Meublé de tourisme classé / chambre d’hôtes77 700 €83 600 €50 %
Meublé de tourisme non classé15 000 €15 000 €30 %

Au régime réel, le déficit éventuel est reportable pendant 10 ans, mais uniquement sur des revenus de location meublée non professionnelle (il ne s’impute pas sur le revenu global, contrairement au LMP).

Micro-BIC ou réel : comment choisir ?

La règle pratique : si vos charges et amortissements dépassent l’abattement forfaitaire, le réel est gagnant. En location longue durée, c’est très souvent le cas dès qu’il y a un emprunt ou des travaux.

Exemple chiffré (longue durée, revenus 2026) — loyers : 12 000 € ; charges réelles + amortissement : 9 000 €.

  • Au micro-BIC : abattement de 50 % → base imposable de 6 000 €.

  • Au réel : 12 000 − 9 000 → base imposable de 3 000 €.

Le réel divise ici la base imposable par deux. À l’inverse, un studio payé comptant, sans charges lourdes, peut rester plus simple et plus avantageux au micro-BIC.

L’amortissement LMNP, l’avantage clé

L’amortissement consiste à déduire chaque année une fraction du prix du bien (hors terrain), du mobilier et de certains frais, pour refléter leur usure comptable. C’est le mécanisme qui rend le réel si puissant.

  • On amortit par composants (gros œuvre, toiture, agencements, mobilier…), chacun sur sa propre durée.

  • L’amortissement n’est pas plafonné : l’amendement qui proposait de le limiter à 2 % par an n’a pas été retenu.

  • Il ne peut pas créer de déficit : la part non déduite une année est reportable sans limite de durée.

Pendant des années, cet avantage était sans contrepartie à la revente. Ce n’est plus le cas depuis 2025.

La réforme 2025 : la réintégration des amortissements dans la plus-value

C’est le changement le plus important pour les investisseurs en meublé. La loi de finances pour 2025 a mis fin à l’angle mort historique du LMNP.

Avant la réforme : vous amortissiez le bien pour réduire votre impôt sur les loyers, puis vous le revendiez sans que ces amortissements n’augmentent votre plus-value imposable.

Depuis 2025 : les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value : ils viennent diminuer le prix d’acquisition retenu, ce qui augmente la plus-value imposable à la revente.

Exemple simplifié — achat 200 000 €, amortissements déduits 50 000 €, revente 250 000 €.

  • Avant : plus-value = 250 000 − 200 000 = 50 000 €.

  • Depuis 2025 : plus-value = 250 000 − (200 000 − 50 000) = 100 000 €.

La base imposable double. Les résidences de services (étudiantes, seniors, EHPAD) restent toutefois exemptées de cette réintégration.

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La plus-value LMNP : calcul et abattements

Atout du LMNP (et non du LMP) : la revente relève du régime des plus-values immobilières des particuliers, plus favorable, avec abattement pour durée de détention.

  • Taux : 19 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux = 36,2 %.

  • Surtaxe sur la fraction de plus-value imposable supérieure à 50 000 €.

  • Abattements : exonération d’impôt sur le revenu à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans.

Conséquence post-réforme : la durée de détention devient déterminante. Une revente rapide (moins de 10 ans) supporte désormais un coût fiscal nettement plus lourd ; une détention longue lisse, puis efface, l’impact de la réintégration.

Ce qui change concrètement en 2026

  • Seuils micro-BIC relevés : 83 600 € pour la location longue durée et les meublés classés (contre 77 700 € sur les revenus 2025).

  • Meublés de tourisme non classés : maintien du régime durci (15 000 € / 30 %).

  • Statut LMNP maintenu et amortissement préservé au régime réel.

  • Réintégration des amortissements pleinement applicable à toutes les reventes, hors résidences de services.

LMNP ou LMP : la bascule à surveiller

Vous passez en LMP dès lors que les recettes meublées dépassent 23 000 €/an et excèdent les autres revenus d’activité du foyer. Les principales différences :

LMNPLMP
Imputation des déficitsSur revenus meublés, 10 ansSur le revenu global, sans limite de montant
Plus-value à la reventePlus-value des particuliers (abattement durée)Plus-value professionnelle
Cotisations socialesPrélèvements sociaux (17,2 %)Cotisations sociales obligatoires

La bascule peut être subie (hausse des loyers, vente d’un autre bien) et c’est un terrain fréquent de redressement : l’administration peut requalifier d’office votre statut.

Comment déclarer ses revenus LMNP ?

  • Étape préalable : déclarer le début d’activité via le guichet des formalités des entreprises dans les 15 jours, pour obtenir un numéro SIRET (gratuit).

  • Au micro-BIC : report des recettes brutes sur le formulaire 2042 C-PRO.

  • Au régime réel : liasse 2031-SD (qui nécessite une comptabilité) puis report sur la 2042 C-PRO.

  • Calendrier : revenus 2025 déclarés au printemps 2026 ; revenus 2026 au printemps 2027.

Les pièges fiscaux et les situations de litige

La fiscalité du meublé est un terrain à risque de contrôle. Les points les plus sensibles :

  • Requalification LMNP → LMP non anticipée, avec rappel de cotisations sociales.

  • Contrôle des amortissements : durées de composants contestées, base amortissable mal isolée du terrain, justificatifs insuffisants.

  • Meublés de tourisme : classement contesté, dépassement de seuil mal géré, mauvais abattement appliqué.

  • Plus-value de revente : désaccord sur le montant des amortissements réintégrés depuis 2025.

Dans ces situations, l’enjeu n’est plus comptable mais contentieux : réponse à une proposition de rectification, recours, négociation des pénalités. C’est là qu’un avocat fiscaliste prend le relais de l’expert-comptable.

FAQ – Fiscalité LMNP

Le statut LMNP est-il supprimé en 2026 ?

Non. Le statut est maintenu et l’amortissement au régime réel est préservé. Seules la fiscalité de la plus-value (réintégration des amortissements) et les règles des meublés de tourisme non classés ont été durcies.

Le réel est généralement gagnant dès que vos charges et amortissements dépassent l’abattement forfaitaire (50 % en longue durée), ce qui est fréquent en présence d’un crédit ou de travaux. Le micro-BIC reste pertinent pour un bien sans charges lourdes.

Elle s’applique aux cessions intervenues depuis l’entrée en vigueur de la loi de finances 2025. Les résidences de services (étudiantes, seniors, EHPAD) en sont exemptées.

Au régime des plus-values immobilières des particuliers : 19 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux, avec abattement pour durée de détention (exonération d’impôt à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans) et surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value imposable.

Lorsque les recettes meublées dépassent 23 000 € par an et excèdent les autres revenus d’activité du foyer fiscal. Les deux conditions doivent être réunies.

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