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Le droit du locataire en cas de gros travaux

le droit du locataire en cas de gros travaux

Lorsqu’un propriétaire souhaite engager des travaux importants dans un logement loué, cela peut rapidement devenir source de tension. En tant que locataire, vous avez des droits clairs. Non, le bailleur ne peut pas faire ce qu’il veut, quand il veut. Oui, vous pouvez refuser certaines choses. Voici ce que dit la loi et ce que vous pouvez faire si des travaux majeurs sont prévus dans votre logement.

Quels types de travaux sont concernés ?

On parle ici de gros travaux. Pas d’un simple coup de peinture ou du remplacement d’une poignée de porte.

Les gros travaux peuvent être :

  • Des rénovations structurelles (toiture, plancher, murs porteurs).

  • Des travaux de mise aux normes (électricité, gaz, assainissement).

  • Des améliorations énergétiques imposées par la loi.

  • Des réparations majeures suite à des dégâts (dégât des eaux, fissures, etc.).

Ces travaux sont en principe à la charge du propriétaire, sauf si les dégradations sont dues au locataire.

Le bailleur peut-il faire les travaux quand il veut ?

Non. Le locataire doit être informé à l’avance. Le propriétaire doit vous notifier par écrit la nature des travaux, leur durée et leur date de début. Cette notification doit être faite au moins 8 jours avant le démarrage des travaux.

Et ce n’est pas tout :

  • Les travaux doivent se faire en journée (généralement entre 8 h et 19 h).

  • Ils ne doivent pas vous empêcher de vivre normalement dans le logement.

  • Si les travaux rendent la vie dans le logement impossible, vous pouvez demander une réduction de loyer, voire une suspension temporaire du bail.

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Ai-je le droit de refuser ?

Pas toujours. Si les travaux sont obligatoires ou urgents, vous devez les accepter. En revanche, si ce sont des travaux de confort ou d’embellissement, vous pouvez négocier leur report ou refuser l’accès, notamment si vous n’avez pas été informé dans les règles.

Si les travaux durent trop longtemps ou vous causent un préjudice anormal, vous pouvez demander une indemnisation. Par exemple :

  • Si vous devez déménager temporairement.

  • Si vous ne pouvez plus utiliser une partie du logement (cuisine, salle de bain…).

Dans ce cas, adressez une lettre recommandée au propriétaire pour formuler votre demande. Si besoin, vous pouvez aussi saisir la commission départementale de conciliation ou le tribunal d’instance.

Travaux et fin de bail : attention aux manœuvres abusives

Certains propriétaires annoncent de gros travaux pour pousser un locataire vers la sortie, surtout en zone tendue. Soyez vigilant. S’il vous donne congé pour faire des travaux, ce congé doit respecter des règles strictes :

  • Être donné 6 mois avant la fin du bail.

  • Être motivé et justifié.

  • Et les travaux annoncés doivent être réels et sérieux.

Si vous soupçonnez un abus, vous avez le droit de contester le congé devant le juge.

En cas de gros travaux, un locataire n’est pas sans recours. Le propriétaire a des obligations légales en matière d’information, de délais et de respect de votre jouissance paisible du logement. Vous pouvez négocier, demander des compensations, voire saisir la justice si vos droits ne sont pas respectés. En cas de doute, n’hésitez pas à vous faire accompagner par une association de locataires ou un avocat en droit immobilier.

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