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Divorce pour faute : comprendre la procédure et protéger ses droits

A retenir :

  • Une violation des devoirs du mariage : La procédure repose sur la preuve d’une violation grave ou renouvelée des obligations conjugales (fidélité, secours, assistance, communauté de vie), rendant le maintien du lien intolérable.

  • L’importance cruciale de la preuve : Le juge ne se prononce jamais sans éléments tangibles. Les preuves doivent être obtenues loyalement (SMS, témoignages de tiers, constats d’huissier ou rapports de détective privé).

  • Des conséquences financières spécifiques : Contrairement au divorce amiable, l’époux victime peut solliciter des dommages et intérêts pour réparer son préjudice moral, et le juge peut parfois réduire ou supprimer la prestation compensatoire de l’époux fautif.

  • Une procédure longue et risquée : C’est la forme de divorce la plus conflictuelle. Elle peut être transformée à tout moment en divorce par consentement mutuel si les époux parviennent à un accord en cours de route.

Le divorce pour faute est une procédure contentieuse qui reste marquée par une forte charge émotionnelle. Contrairement au divorce par consentement mutuel, il repose sur l’affirmation qu’un conjoint a commis une violation grave des devoirs du mariage.

S’engager dans cette voie nécessite une préparation rigoureuse, car la charge de la preuve repose sur celui qui invoque la faute. Voici les clés pour naviguer dans cette procédure complexe.

Quels sont les motifs d’un divorce pour faute ?

Pour qu’un juge prononce ce type de divorce, il faut prouver que le conjoint a commis une « violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage ». Ces manquements doivent rendre le maintien de la vie commune intolérable.

Les motifs les plus fréquemment retenus par la jurisprudence sont :

  • L’infidélité : Bien que l’adultère ne soit plus un délit pénal, il reste une faute civile.

  • Les violences : Qu’elles soient physiques ou psychologiques. Dans ce cas, une ordonnance de protection peut être demandée en urgence.

  • L’abandon du domicile conjugal : Le départ brusque sans motif légitime.

  • Le désintérêt matériel ou moral : Le refus de contribuer aux charges du mariage ou un manque de soutien.

  • Les comportements addictifs : Comme le cas d’un partenaire alcoolique dont le comportement impacte la sécurité de la famille.

Quelles preuves pour un divorce pour faute ?

Est-il possible de divorcer pour faute sans preuve ? La réponse est non. Le juge ne peut pas se contenter de simples affirmations. Cependant, la preuve est libre en matière de divorce, à condition qu’elle soit obtenue loyalement (sans violence ni fraude).

Voici un tableau des preuves couramment admises :

Type de preuveExemples concrets
TémoignagesAttestations écrites de proches ou de tiers (sauf les enfants).
Documents écritsLettres, journaux intimes, relevés bancaires suspects.
Preuves numériquesSMS, e-mails, publications sur les réseaux sociaux.
Constats officielsRapport de détective privé ou constat d’huissier.
Procédures pénalesProcès-verbaux de plainte en cas de violences.


Il est indispensable de compiler ces éléments avant d’entamer la procédure. Vous pouvez consulter la liste des papiers pour un divorce pour ne rien oublier.

Vous soupçonnez un manquement grave aux devoirs du mariage ?

LexWeb Solutions vous met en relation avec un avocat en droit du divorce pour vous conseiller, rassembler vos preuves et agir en urgence.

Quel est l’avantage d’un divorce pour faute ?

On nous demande souvent pourquoi choisir cette voie plutôt qu’une séparation amiable. L’avantage n’est pas forcément financier, mais il est stratégique et moral :

  1. Dommages et intérêts : La victime peut obtenir réparation pour le préjudice moral ou matériel subi (article 266 du Code civil).

  2. Prestation compensatoire : Le juge peut, dans des cas très exceptionnels de faute d’une gravité extrême, refuser l’octroi d’une prestation compensatoire à l’époux fautif.

  3. Reconnaissance du statut de victime : Cela peut jouer un rôle psychologique important, notamment en cas de violences conjugales.

Quels sont mes droits si mon mari me trompe ?

Si l’infidélité est établie, elle constitue une cause de divorce. Vous avez le droit de demander que le divorce soit prononcé aux torts exclusifs de votre époux.

Au-delà de la rupture du lien matrimonial, vous pouvez solliciter une enquête financière si vous soupçonnez que des fonds communs ont été détournés pour financer cette relation extra-conjugale. Concernant les enfants, la faute n’influence généralement pas le mode de garde, sauf si le comportement du conjoint met en danger la santé de l’enfant.

Qui paie les frais d’avocat en cas de divorce pour faute ?

En principe, chaque partie paie son propre avocat. Cependant, si le divorce est prononcé aux torts exclusifs d’un conjoint, le juge peut condamner ce dernier à rembourser tout ou partie des frais de procédure de l’autre (au titre de l’article 700 du Code de procédure civile).

Il est fréquent d’avoir recours à un avocat en droit de la famille à Orléans ou dans votre ville pour obtenir une estimation précise des frais à engager.

FAQ sur le divorce pour faute

Le pardon empêche-t-il le divorce pour faute ?

Oui. Si vous avez pardonné officiellement (réconciliation) après avoir eu connaissance des faits, vous ne pouvez plus invoquer ces mêmes faits comme motif de divorce.

Tout à fait. À tout moment de la procédure, les époux peuvent demander au juge de constater leur accord pour un divorce par consentement mutuel ou pour acceptation du principe de la rupture.

La faute n’influence pas directement le sort de l’animal. Le juge tranchera la garde du chien en fonction de l’intérêt de l’animal et des conditions d’accueil.

Pas si le départ est justifié par des violences. Dans ce cas, il est conseillé de déposer une main courante ou une plainte immédiatement.

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