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Avantages du Pacs en 2026 : impôts, succession, droits et limites

À retenir :

  • Le Pacs se conclut gratuitement en mairie (ou chez un notaire, de façon payante) et vous impose une déclaration de revenus commune dès l’année qui suit, avec une option pour des déclarations séparées l’année de sa conclusion.

  • Entre partenaires, les donations bénéficient d’un abattement de 80 724 € et le partenaire survivant ne paie aucun droit de succession sur ce qu’il reçoit.

  • Le partenaire de Pacs n’est pas héritier : sans testament, il ne reçoit rien de la succession, et il n’a pas droit à la pension de réversion, réservée aux couples mariés.

  • La rupture est simple : déclaration conjointe en mairie ou décision d’un seul partenaire notifiée par commissaire de justice, sans juge, sauf désaccord sur les biens.

Vous vivez en couple et vous hésitez entre rester en union libre, vous marier ou vous pacser ? Le pacte civil de solidarité (Pacs) est un contrat conclu entre deux personnes majeures pour organiser leur vie commune. Il est plus simple à conclure et à rompre qu’un mariage, et nettement plus protecteur que le concubinage, notamment sur le plan fiscal.

Le Pacs reste très choisi : selon l’Insee, 197 176 Pacs ont été conclus en 2024, contre 248 174 mariages. Mais ses avantages ont des limites que beaucoup de couples découvrent trop tard, au moment d’un décès ou d’une séparation. Ce guide fait le point, règle par règle, sur ce que le Pacs vous apporte vraiment en 2026 et sur ce qu’il ne couvre pas. Pour l’ensemble des sujets liés au couple et aux enfants, consultez aussi notre rubrique droit de la famille.

Le Pacs en bref : conditions et démarches

Qui peut se pacser ?

Chacun des deux partenaires doit être majeur, ne pas être déjà marié ni pacsé, et ne pas avoir de lien de parenté ou d’alliance trop proche avec l’autre. Le couple doit déclarer une résidence commune : il n’est pas nécessaire de vivre déjà ensemble au moment de la déclaration. Le Pacs est ouvert aux couples de même sexe comme de sexe différent. Service-Public.fr précise qu’aucune dérogation à ces conditions n’est possible.

Où et comment se pacser ?

Vous avez le choix entre :

  • la mairie de votre résidence commune, où l’enregistrement est gratuit ;
  • un notaire, dont l’intervention est payante mais qui conserve l’original de la convention et peut vous conseiller sur sa rédaction ;
  • le consulat ou l’ambassade si vous résidez à l’étranger (gratuit).

Le dossier comprend la déclaration conjointe (cerfa n° 15725), la convention de Pacs (modèle cerfa n° 15726 ou convention rédigée par vos soins), une pièce d’identité et, en principe, un acte de naissance de moins de 3 mois pour chacun. Les deux partenaires se présentent ensemble et en personne. Le Pacs produit ses effets entre vous dès son enregistrement, et à l’égard des tiers une fois mentionné en marge de votre acte de naissance.

Les avantages fiscaux du Pacs

Une déclaration de revenus commune

Comme les couples mariés, les partenaires pacsés forment un seul foyer fiscal : une déclaration commune et un seul avis d’impôt. Lorsque vos revenus sont très différents, cette imposition commune réduit souvent l’impôt total du couple grâce au mécanisme du quotient familial. Elle a une contrepartie : vous êtes solidairement tenus au paiement de l’impôt.

L’année où vous vous pacsez, la déclaration commune est la règle, mais vous pouvez opter pour deux déclarations séparées. Cette option ne vaut que pour cette année-là. Il est utile de faire une simulation des deux hypothèses avant de choisir. L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) est lui aussi calculé sur le patrimoine commun du couple.

Des donations allégées entre partenaires

Un partenaire peut donner à l’autre jusqu’à 80 724 € sans droits de donation, en une ou plusieurs fois, sur une période de 15 ans. Au-delà, un barème progressif identique à celui des époux s’applique. À titre de comparaison, une donation entre concubins ne bénéficie d’aucun abattement et est taxée à 60 %.

Piège à éviter : l’abattement peut être remis en cause si le Pacs prend fin l’année de sa conclusion ou l’année suivante, sauf si la rupture résulte d’un mariage entre les partenaires ou d’un décès.

Pacs et succession : une protection à construire

Le partenaire n’est pas héritier

C’est la limite la plus importante du Pacs. La loi ne fait pas du partenaire un héritier : sans testament, il ne reçoit rien de la succession, même après des années de vie commune. Pour le protéger, chaque partenaire doit rédiger un testament en sa faveur. Ce testament doit respecter la part réservée aux enfants (la réserve héréditaire), qu’ils soient communs ou issus d’une précédente union. Notre guide sur le testament et les droits des enfants détaille ces règles.

Aucun droit de succession à payer

Ce que le partenaire survivant reçoit par testament est totalement exonéré de droits de succession, comme pour un conjoint marié. Pour estimer ce que paieraient les autres héritiers, vous pouvez utiliser notre calculateur de droits de succession et lire notre guide sur les droits de succession.

Le logement et le capital décès

Le partenaire survivant peut rester gratuitement pendant un an dans le logement commun et utiliser le mobilier, si ce logement appartenait au défunt ou aux deux partenaires. Si le logement était loué, la succession prend en charge le loyer pendant cette année. Contrairement au conjoint marié, ce droit peut être écarté par testament, et le partenaire n’a pas de droit viager (droit d’occuper le logement jusqu’à son propre décès).

Le partenaire peut aussi demander le capital décès versé par l’Assurance maladie lorsque le défunt était notamment salarié, ou par l’administration lorsqu’il était fonctionnaire. Enfin, les dettes du défunt suivent des règles propres : voir notre guide décès et dettes : qui paie ?.

Schéma : au décès, sans testament le partenaire de Pacs ne reçoit rien de la succession mais garde le logement commun gratuitement 1 an et peut demander le capital décès ; avec testament il reçoit les biens légués sans droits de succession ; pas de pension de réversion
Sans testament, le partenaire de Pacs ne reçoit rien de la succession.

Mariage, Pacs ou union libre : le comparatif

Le tableau ci-dessous résume les principales différences entre les trois formes de vie en couple. Il montre que le Pacs se rapproche du mariage sur le plan fiscal, mais s’en éloigne nettement pour la succession et la retraite.

EffetMariagePacsUnion libre
FormalitéCélébration en mairieEnregistrement en mairie (gratuit) ou chez un notaireAucune
Impôt sur le revenuDéclaration communeDéclaration communeDeux déclarations
Donation entre partenairesAbattement de 80 724 €Abattement de 80 724 €Aucun abattement, taxation à 60 %
Héritier sans testamentOuiNonNon
Droits de successionExonérationExonération (si testament)Droits élevés (si testament)
Pension de réversionOuiNonNon
Régime des biens par défautCommunauté réduite aux acquêtsSéparation des biensChacun ses biens
Nationalité françaisePossible par déclarationNonNon
RuptureDivorceDéclaration conjointe ou unilatéraleLibre

En union libre, ce que reçoit le survivant par testament est lourdement taxé, ce qui fait du Pacs une vraie protection fiscale. Si la nationalité est un enjeu pour vous, consultez notre guide sur la naturalisation par mariage.

Une question sur votre Pacs ou votre succession ?

Rédaction d’une convention, testament entre partenaires, partage des biens après une rupture : un avocat en droit de la famille peut faire le point avec vous. La mise en relation est gratuite.

Vie commune : biens, dettes et logement

La séparation des biens par défaut

Pour les Pacs conclus depuis le 1er janvier 2007, si la convention ne prévoit rien, c’est le régime de la séparation des biens qui s’applique : chacun reste propriétaire de ce qu’il achète seul et conserve ses revenus. Attention : un bien dont aucun des deux ne peut prouver qu’il en est propriétaire est présumé appartenir à chacun pour moitié. Gardez donc vos factures.

Vous pouvez choisir dans la convention, ou plus tard par une convention modificative, le régime de l’indivision : les biens achetés pendant le Pacs appartiennent alors aux deux partenaires pour moitié, même si un seul a payé.

Aide matérielle et dettes du ménage

Les partenaires s’engagent à une vie commune et à une aide matérielle réciproque, proportionnelle à leurs facultés respectives sauf clause contraire. Ils sont solidaires des dettes contractées pour les besoins de la vie courante (loyer, factures, dépenses du quotidien), sauf dépenses manifestement excessives. Pour les achats à crédit et les emprunts, la solidarité ne joue que pour des montants modestes nécessaires à la vie courante ou si les deux partenaires ont donné leur accord. Les dettes antérieures au Pacs restent personnelles.

Le logement loué ou acheté à deux

Si vous achetez ensemble, chacun est propriétaire selon les parts indiquées dans l’acte ; à défaut, pour moitié. Celui qui a financé plus que sa part peut demander une compensation en justice. En cas de séparation, les solutions sont proches de celles d’un couple divorcé : vente, rachat de la part de l’autre (voir le calcul de la soulte) ou vente de la maison après une séparation.

Droits sociaux et au travail

Dans le secteur privé, la conclusion d’un Pacs ouvre droit à au moins 4 jours ouvrables de congé, comme un mariage, et le décès du partenaire à au moins 3 jours (article L3142-4 du Code du travail ; un accord collectif peut prévoir davantage). Les partenaires travaillant dans la même entreprise ont droit à un congé simultané. Le partenaire peut aussi bénéficier d’autorisations d’absence pour accompagner la future mère à certains examens de grossesse, et du congé de naissance détaillé dans notre guide sur le nouveau congé de naissance.

Côté prestations, vos ressources sont additionnées pour le calcul des aides au logement, des prestations familiales et du RSA : le Pacs peut donc faire baisser certaines aides, et il fait perdre l’allocation de soutien familial. Contrairement à une idée répandue, le Pacs ne permet pas d’être « rattaché » à la Sécurité sociale de son partenaire : depuis la protection universelle maladie (Puma), chaque adulte est couvert à titre personnel.

Pour un partenaire étranger, le Pacs avec un Français permet à un ressortissant européen ou suisse d’obtenir un titre de séjour ; pour les autres, il est pris en compte dans la demande de carte « vie privée et familiale ». En revanche, il ne donne pas accès à la nationalité française.

Rompre un Pacs : plus simple qu’un divorce

Le Pacs prend fin automatiquement par le mariage ou le décès d’un partenaire. Sinon, deux voies existent :

  • d’un commun accord : vous adressez une déclaration conjointe de dissolution (cerfa n° 15789) à la mairie ou au notaire qui a enregistré le Pacs, par lettre recommandée avec avis de réception ou sur place ;
  • à l’initiative d’un seul : le partenaire qui veut rompre fait notifier sa décision à l’autre par un commissaire de justice, qui en informe ensuite la mairie ou le notaire.

Aucun juge n’intervient pour la rupture elle-même. Chacun reprend ses biens personnels et les biens indivis sont partagés. En cas de désaccord sur ce partage ou sur une dette, vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales. À noter : la prestation compensatoire est propre au divorce et n’existe pas pour les partenaires de Pacs.

Si vous avez des enfants, la rupture du Pacs ne règle ni leur résidence ni la pension alimentaire : ces questions suivent les règles de la garde des enfants d’un couple non marié.

Schéma des étapes du Pacs : convention et déclaration en mairie gratuitement ou chez un notaire, enregistrement, mention sur l’acte de naissance, rupture par déclaration conjointe ou décision d’un seul notifiée par commissaire de justice, juge aux affaires familiales en cas de désaccord sur les biens
Du Pacs à sa rupture : cinq étapes, sans juge sauf désaccord.

Les limites du Pacs à connaître

  • Pas de pension de réversion : au décès, le partenaire ne touche aucune part de la retraite de l’autre, ce qui peut représenter une perte importante pour le partenaire aux revenus les plus faibles.
  • Pas d’héritage sans testament, et pas de droit viager sur le logement.
  • Aucun effet sur la filiation : le père doit reconnaître l’enfant, comme en union libre. Le Pacs n’a pas non plus d’effet sur le nom.
  • Effet sur certaines prestations : vos ressources sont cumulées, et certaines pensions de réversion déjà perçues d’un précédent conjoint (par exemple dans la fonction publique) peuvent être perdues.

Ces limites expliquent pourquoi de nombreux couples pacsés rédigent un testament, souscrivent une assurance-vie au profit du partenaire, ou se marient plus tard pour sécuriser le survivant.

Ce qui a changé récemment

  • Statistiques révisées : dans son bilan publié le 13 janvier 2026, l’Insee a revu à la baisse d’environ 4 % le nombre de Pacs de 2022 et 2023, à la suite d’une erreur de remontée des données des notaires. Les chiffres de 241 000 Pacs pour 2023 qui circulent encore sont donc dépassés : le chiffre retenu est de 196 132.
  • Réversion : la pension de réversion reste réservée aux couples mariés. Interrogé à l’Assemblée nationale en 2026, le gouvernement a indiqué ne pas prévoir d’extension aux partenaires de Pacs à court terme. Aucune réforme n’a été votée à ce jour.
  • Congés : l’article L3142-4 du Code du travail, modifié par la loi n° 2026-492 (en vigueur depuis le 14 juin 2026), maintient les durées minimales de 4 jours pour un Pacs et de 3 jours pour le décès du partenaire.
  • Rappel : depuis le 1er novembre 2017, le Pacs est enregistré et dissous en mairie ou chez un notaire, et non plus au greffe du tribunal. Les guides qui mentionnent encore le tribunal sont périmés.

Faut-il vraiment un avocat ?

Pour conclure un Pacs, non : le modèle de convention et le passage en mairie suffisent dans la plupart des cas. Un notaire est utile si vous voulez une convention sur mesure (indivision, répartition des charges) et la conservation de l’original.

Un avocat devient pertinent dans trois situations : une rupture conflictuelle avec des biens à partager ou des comptes à faire entre vous, un litige avec les héritiers après un décès (testament contesté, maintien dans le logement), ou des enfants pour lesquels il faut fixer la résidence et la pension. Si vos ressources sont modestes, l’aide juridictionnelle peut prendre en charge tout ou partie des frais. Pour comparer, notre guide sur le divorce par consentement mutuel montre ce qu’implique une séparation entre époux, et notre rubrique divorce et séparation rassemble les autres situations. Vous pouvez aussi consulter notre annuaire des avocats.

FAQ sur les avantages du Pacs

Quels sont les principaux avantages du Pacs ?

Le Pacs se conclut gratuitement en mairie, vous fait bénéficier d’une imposition commune comme les couples mariés, d’un abattement de 80 724 € sur les donations entre partenaires et d’une exonération totale de droits de succession. Il se rompt aussi beaucoup plus simplement qu’un mariage.

Non. Le partenaire de Pacs n’est pas héritier : sans testament, il ne reçoit rien de la succession. Il bénéficie seulement du droit d’occuper gratuitement le logement commun pendant un an, sauf testament contraire. Pour le protéger, rédigez un testament en sa faveur.

Non. La pension de réversion est réservée aux couples mariés. Le gouvernement n’a pas prévu d’extension aux partenaires de Pacs à court terme. Une assurance-vie ou un mariage peuvent compenser cette absence.

Souvent, lorsque les revenus des deux partenaires sont très différents, car l’impôt est calculé sur le foyer. Lorsque les revenus sont proches, le gain est faible ou nul. L’année du Pacs, vous pouvez choisir entre une déclaration commune et deux déclarations séparées.

L’enregistrement en mairie ou au consulat est gratuit. Chez un notaire, la prestation est payante : demandez un devis avant de vous engager. Le notaire conserve l’original de la convention, ce que ne fait pas la mairie.

À deux, par une déclaration conjointe adressée à la mairie ou au notaire qui a enregistré le Pacs. Seul, en faisant notifier votre décision à votre partenaire par un commissaire de justice. Le Pacs prend aussi fin automatiquement par le mariage ou le décès. En cas de désaccord sur les biens, le juge aux affaires familiales peut être saisi.

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