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ToggleLa mise à pied disciplinaire est une sanction temporaire infligée par un employeur à un salarié en raison d’un comportement fautif. Elle suspend le contrat de travail pendant une période définie, durant laquelle le salarié ne perçoit aucune rémunération. Encadrée par le Code du travail et la jurisprudence, cette sanction doit respecter une procédure stricte pour être valable.
La mise à pied disciplinaire est une sanction intermédiaire, plus lourde qu’un avertissement mais moins sévère qu’un licenciement. Elle consiste à écarter temporairement un salarié de l’entreprise tout en suspendant son salaire.
Elle se distingue de la mise à pied conservatoire, qui est une mesure provisoire utilisée en cas de faute grave ou lourde, dans l’attente d’une sanction définitive (souvent un licenciement).
La mise à pied disciplinaire ne peut pas être illimitée et doit être proportionnée à la faute commise. Sa durée maximale est généralement précisée dans la convention collective applicable à l’entreprise.
Il est fréquent de confondre ces deux notions, pourtant leurs conséquences sur l’avenir du salarié diffèrent. La mise à pied disciplinaire a pour vocation de sanctionner un comportement tout en maintenant le lien contractuel. À l’inverse, le licenciement (qu’il soit pour faute réelle et sérieuse ou suite à une faute grave en droit français) rompt définitivement le contrat.
Si la mise à pied est souvent une étape avant une rupture conventionnelle ou un renvoi, elle n’est pas une fin de contrat en soi. Le tableau suivant permet de mieux visualiser les distinctions :
| Caractéristique | Mise à pied disciplinaire | Licenciement pour faute |
| Objectif | Sanctionner sans rompre le contrat | Rompre définitivement le contrat |
| Rémunération | Suspendue pendant la durée définie | Arrêt définitif (avec ou sans indemnités) |
| Durée | Temporaire (souvent 1 à 8 jours) | Définitive |
| Procédure | Entretien préalable obligatoire | Entretien préalable obligatoire |
Un employeur peut prononcer une mise à pied disciplinaire en cas de faute sérieuse, par exemple :
Absences injustifiées ou retards répétés.
Non-respect des consignes de sécurité.
Insultes ou comportement irrespectueux envers un collègue ou un supérieur.
Négligence ayant entraîné des conséquences sur le fonctionnement de l’entreprise.
La sanction doit être justifiée par des faits avérés, car un salarié peut contester une mise à pied jugée abusive devant le Conseil de prud’hommes.
La mise à pied disciplinaire doit respecter un processus précis afin d’être juridiquement valable :
L’employeur doit notifier au salarié, par lettre recommandée ou remise en main propre, qu’un entretien est prévu pour examiner la sanction envisagée. Ce courrier doit mentionner :
L’objet de la convocation.
La date, l’heure et le lieu de l’entretien.
La possibilité pour le salarié de se faire assister par un représentant du personnel.
Lors de cet entretien, l’employeur expose les griefs reprochés au salarié et lui donne l’opportunité de présenter sa défense.
LexWeb Solutions vous met en relation avec un avocat en droit du travail pour vous conseiller et agir en urgence.
Après un délai de réflexion (généralement deux jours ouvrés minimum), l’employeur doit notifier la mise à pied disciplinaire par lettre recommandée. Cette lettre doit préciser :
Les motifs de la sanction.
La durée de la mise à pied.
La date d’application.
Délais à respecter : La sanction ne peut pas être notifiée plus d’un mois après l’entretien préalable.
L’entretien préalable est un moment de défense. Pour le salarié, il s’agit de préparer des arguments factuels pour contester les griefs. Il est fortement recommandé de se faire assister par un délégué du personnel ou un conseiller. Si les faits reprochés concernent des relations tendues, il peut être utile de vérifier si la situation ne relève pas d’un harcèlement moral.
De son côté, l’employeur doit rester factuel. Une erreur de procédure ou une sanction sans lien avec le règlement intérieur peut entraîner l’annulation de la mesure. Pour les entreprises, s’entourer d’un avocat en relation individuelle de travail est une sécurité juridique non négligeable.
Pendant la durée de la mise à pied disciplinaire, le salarié est exclu de l’entreprise et ne perçoit aucun salaire. La sanction est inscrite dans son dossier disciplinaire et peut être prise en compte en cas de répétition des fautes.
Toutefois, l’employeur ne peut pas imposer de mise à pied disproportionnée ou discriminatoire. Une sanction trop lourde ou abusive pourrait être contestée devant le Conseil de prud’hommes, qui pourrait ordonner son annulation et contraindre l’employeur à verser des dommages et intérêts.
Un salarié peut contester sa mise à pied si elle lui semble injustifiée ou excessive. Il peut alors :
Pour obtenir gain de cause, le salarié devra prouver que la sanction est disproportionnée ou que les faits reprochés sont infondés.
Voici un exemple de courrier type pour notifier la sanction après l’entretien préalable.
Madame / Monsieur [Nom du salarié],
Suite à notre entretien du [Date de l’entretien], au cours duquel nous vous avons exposé les motifs de la sanction envisagée et recueilli vos explications, nous avons décidé de vous notifier une mise à pied disciplinaire d’une durée de [Nombre] jours.
Cette mesure est motivée par les faits suivants : [Détail précis des fautes reprochées].
En conséquence, votre contrat de travail sera suspendu du [Date de début] au [Date de fin] inclus. Durant cette période, vous ne devrez pas vous présenter sur votre lieu de travail et aucune rémunération ne vous sera versée.
Votre reprise de poste s’effectuera le [Date de reprise] à l’heure habituelle.
Nous vous prions d’agréer, Madame / Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.
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La loi ne fixe pas de durée maximale précise dans le Code du travail. Cependant, elle doit être prévue par le règlement intérieur de l’entreprise ou la convention collective. Généralement, elle n’excède pas 8 jours. Si la durée est jugée excessive par rapport à la faute, le salarié peut saisir les prud’hommes.
Absolument. Une sanction basée sur l’origine, le sexe, ou l’orientation sexuelle est nulle. Si vous estimez être victime d’une injustice, il est utile de consulter un avocat en droit de la famille si le conflit s’inscrit dans un cadre de conflit familial impactant l’entreprise, ou plus classiquement un spécialiste du travail.
Puisque le salaire n’est pas versé, aucune cotisation n’est prélevée. Cela peut avoir un impact minime sur le calcul, contrairement au cumul emploi-retraite qui permet d’optimiser ses revenus.