C’est une situation redoutée par de nombreux salariés : tomber malade juste avant ou, pire encore, pendant ses congés payés. Pendant longtemps, la règle en France était souvent défavorable, considérant les jours de vacances comme « perdus ». Cependant, une série de décisions de justice historiques a profondément modifié le paysage, alignant le droit français sur le droit européen.
Cet article détaille vos nouveaux droits et la procédure à suivre pour demander le report de vos congés payés en cas d’arrêt maladie.
Le changement provient d’une série d’arrêts rendus par la Cour de cassation en septembre 2023. En s’appuyant sur le droit de l’Union européenne, la plus haute juridiction française a établi un principe simple : le droit au repos est un droit fondamental. Un salarié en arrêt maladie n’est pas en mesure de se reposer et de profiter de ses vacances. Par conséquent, ses jours de congés payés ne sont pas perdus et doivent pouvoir être reportés.
Cette décision met fin à une longue période d’incertitude et offre une protection renforcée à tous les salariés, que la maladie survienne avant ou pendant leur période de repos.
La marche à suivre et les droits qui en découlent dépendent du moment où l’arrêt maladie débute.
C’est le cas le plus simple et celui qui était déjà le plus souvent accepté. Si votre arrêt maladie commence avant la date de départ en congé que vous aviez posée, vous êtes considéré comme étant en arrêt maladie, et non en vacances.
Vos droits : Vous conservez l’intégralité de vos jours de congés. Vous pourrez les poser ultérieurement, à une date à convenir avec votre employeur, une fois votre arrêt terminé.
Vos obligations : Vous devez informer votre employeur de votre arrêt de travail et lui transmettre votre certificat médical dans le délai prévu par votre contrat de travail ou la convention collective (généralement 48 heures).
C’est ici que la révolution juridique a eu lieu. Auparavant, la jurisprudence considérait que le salarié malade pendant ses vacances ne pouvait pas exiger de report. Les jours de congé étaient perdus.
Désormais, la situation est inversée. La Cour de cassation a jugé que le salarié qui tombe malade pendant ses congés a le droit de reporter les jours de vacances dont il n’a pas pu bénéficier.
Vos droits : Les jours de congés qui coïncident avec votre arrêt maladie ne sont pas décomptés. Par exemple, si vous avez posé deux semaines de vacances et que vous êtes en arrêt maladie pendant cinq jours au milieu de cette période, vous avez le droit de récupérer ces cinq jours et de les poser plus tard.
Vos obligations : La démarche est la même que pour un arrêt classique. Vous devez impérativement informer votre employeur et lui fournir un certificat médical justifiant de votre incapacité de travail, même si vous êtes en vacances. Sans cette démarche, vous ne pourrez pas prétendre au report. Une prolongation d’arrêt maladie doit également être signalée.
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Pour que votre demande soit incontestable, il est important de suivre une procédure claire et formelle.
Prévenez votre employeur sans délai : Dès que l’arrêt maladie est prescrit, informez votre service des ressources humaines ou votre manager, par téléphone et par e-mail pour garder une trace écrite.
Transmettez votre arrêt de travail : Envoyez votre certificat médical dans les 48 heures, comme pour n’importe quel arrêt maladie. C’est ce document qui prouve votre incapacité de travail et ouvre le droit au report.
Formalisez votre demande de report : Une fois de retour au travail, envoyez un courrier recommandé ou un e-mail à votre employeur pour lui demander officiellement de créditer votre solde de congés des jours correspondants à votre arrêt.
Convenez de nouvelles dates : Les jours reportés devront être posés ultérieurement, en accord avec les règles de prise de congés en vigueur dans l’entreprise.
Au vu des décisions de la Cour de cassation, un refus de l’employeur est aujourd’hui très difficilement justifiable si vous avez respecté la procédure. Un refus pourrait être considéré comme une violation de vos droits et contesté devant le Conseil de prud’hommes.
Le droit européen prévoit une période de report d’au moins 15 mois. Les détails précis de l’application en droit français sont encore en cours de clarification, mais vous ne perdez pas vos droits à la fin de la période de prise des congés.
Si votre contrat de travail prend fin (fin de CDD, rupture conventionnelle, licenciement) avant que vous ayez pu prendre les jours de congés reportés, l’employeur doit vous verser une indemnité compensatrice de congés payés correspondante.